Poème
Le Cygne et le Cuisinier
Dans une ménagerie De volatiles remplie Vivaient le Cygne et l'Oison : Celui-là destiné pour les regards du maître ; Celui-ci, pour son goût : l'un qui se piquait d'être Commensal du jardin, l'autre, de la maison. Des fossés du Château faisant leurs galeries, Tantôt on les eût vus côte à côte nager, Tantôt courir sur l'onde, et tantôt se plonger, Sans pouvoir satisfaire à leurs vaines envies. Un jour le Cuisinier, ayant trop bu d'un coup, Prit pour Oison le Cygne ; et le tenant au cou, Il allait l'égorger, puis le mettre en potage. L'oiseau, prêt à mourir, se plaint en son ramage. Le Cuisinier fut fort surpris, Et vit bien qu'il s'était mépris. "Quoi ? Je mettrois, dit-il un tel chanteur en soupe ! Non, non, ne plaise aux Dieux que jamais ma main coupe La gorge à qui s'en sert si bien! " Ainsi dans les dangers qui nous suivent en croupe Le doux parler ne nuit de rien.
Commentaires (1)
"près de" = sur le point de, et "prêt à" = consentir à Dans "la lice et sa compagne" : "Je suis prêt à sortir avec toute ma bande, si vous pouvez nous mettre hors". Dans "Le Cygne et le Cuisinier": "L'oiseau prêt à mourir , se plaint en son ramage" Le cygne ne consent pas à mourir puisqu'il se plaint. Il est sur le point de mourir. Ne fallait-il pas écrire : près de mourir?
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