Poème
Le cheval
J’aime porter de longs cheveux Comme une femme, J’aime porter un amoureux Près de sa dame, J’aime porter le poids fatal Des inconnus, J’aime porter le long du val Les bienvenues. J’aime la poudre du chemin Sur mon visage, J’aime le conseil de la main Qui m’encourage. Je fuis mon ombre de cheval Courant la plaine, Je crains mon reflet animal Dans la fontaine. 1954
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Rhapsode utopique ---------------------------- Le vent violent, dans mes cheveux, Comme une femme Les froissant d'un geste amoureux ! Allons, Madame, L'amour peut se montrer fatal Aux inconnus. Je préfère être seul au val Et bienvenu Des longues herbes du chemin ; Quelques visages En rêve viennent, quelques mains, Quelques images. Commence l'année du Cheval, La soixantaine ; Il est patient, cet animal Fait pour la peine.
Cheval tricéphale ------------------- Il est seigneur et dieu dans un pays de glace, Il peut le parcourir sans jamais se lasser ; Monocéphale il fut, dans un lointain passé, Lui que son triple chef parmi les monstres classe. Il aime une jument que ses bouches embrassent, Ce couple fabuleux suit les chemins tracés Par le vent boréal, prompt à les effacer ; Et plus d’un immortel voudrait être à leur place. Il fait des rêves fous dans son triple cerveau, Il se voit nécrophage et maître d’un caveau ; Puis de notre planète il explore le centre. Ce très noble animal, quel en serait le prix ? En aucun catalogue on ne le trouve écrit, Il peut dormir tranquille au profond de son antre.
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