Poème
Le châtiment de Tartufe
par Arthur RIMBAUD
Tisonnant, tisonnant son coeur amoureux sous Sa chaste robe noire, heureux, la main gantée, Un jour qu'il s'en allait, effroyablement doux, Jaune, bavant la foi de sa bouche édentée, Un jour qu'il s'en allait, " Oremus ", - un Méchant Le prit rudement par son oreille benoîte Et lui jeta des mots affreux, en arrachant Sa chaste robe noire autour de sa peau moite ! Châtiment !... Ses habits étaient déboutonnés, Et le long chapelet des péchés pardonnés S'égrenant dans son coeur, Saint Tartufe était pâle !... Donc, il se confessait, priait, avec un râle ! L'homme se contenta d'emporter ses rabats... - Peuh ! Tartufe était nu du haut jusques en bas !
Commentaires (1)
Si j'étais confesseur des nonnes carmélites, J'aurais belle chambrette et ne serais stylite. La loi m'éviterait les travaux affligeants, L'ascèse difficile et l'effort dérangeant. * Pour que les filles soient sauvées de la géhenne, Je disséquerais leur conscience arachnéenne. J'aurais place en leur coeur, sans moi inhabité, J'adoucirais de pleurs leur cérébralité. * Je placerais ici ou là quelques caresses Que l'on excuserait comme des maladresses : L'eau calme d'un couvent n'est jamais sans récifs. * Un confesseur absout même son propre mal, L'ange ne fait, car il ne veut être animal... Plaisir que Dieu permet peut-il être nocif ?
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