Poème
Le Chat noir
Un fantôme est encor comme un lieu où ton regard se heurte contre un son; mais contre ce pelage noir ton regard le plus fort est dissout: ainsi un fou furieux, au paroxysme de sa rage, trépigne dans le noir et soudain dans le capitonnage sourd de sa cellule, cesse et s'apaise. Tous les regards qui jamais l'atteignirent, il semble en lui les recéler pour en frémir, menaçant, mortifié, et avec eux dormir. Mais soudain, dressé vif, éveillé, il tourne son visage — dans le tien: et tu retrouves à l'improviste ton regard dans les boules d'ambre de ses yeux: enclos comme insecte fossilisé.
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