Poème
Le cadre
Comme un beau cadre ajoute à la peinture, Bien qu'elle soit d'un pinceau très vanté, Je ne sais quoi d'étrange et d'enchanté En l'isolant de l'immense nature, Ainsi bijoux, meubles, métaux, dorure, S'adaptaient juste à sa rare beauté ; Rien n'offusquait sa parfaite clarté, Et tout semblait lui servir de bordure. Même on eût dit parfois qu'elle croyait Que tout voulait l'aimer ; elle noyait Sa nudité voluptueusement Dans les baisers du satin et du linge, Et lente ou brusque, à chaque mouvement Montrait la grâce enfantine du singe.
Commentaires (1)
L’oie de gueules ------------- De cette oie rouge on fit belle peinture, Ce dont l’auteur vivement fut vanté ; Car il peignit un plumage enchanté Dont, sûrement, jalouse est la nature. À tel écu n’est besoin de dorure, Contentons-nous de sa sobre beauté ; Rien ne vaudra sa parfaite clarté, Ces quelques vers lui servent de bordure. L’oie fut magique, à ce que l’on croyait, Et le chagrin du monde elle noyait D’incantations dites bien savamment. Non, ce n’est pas une volaille lourde, Très élégants sont tous ses mouvements ; Quant à l’humour, elle n’y est pas sourde.
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