Poème d’un membre
Le banc
par turiaMembre
Un jour me promenant dans un parc Je vis au travers des rayons du soleil Une femme assisse sur un banc, un livre à la main Quelle merveille me suis-je dit Ou pensais-je ; je ne sais Tant sa beauté rayonnait et rivalisait avec l’astre du jour Je me suis approché, à pas feutré, à la manière d’un félin Comme attiré par une force irrésistible Puis me suis assis sans bruit près d’elle Sans mouvement brusque, inerte, De peur de la voir s’envoler effarouché, à tire d’ailes Là assis, je l’ai contemplée, Comme on fait lorsqu’on regarde un tableau de maitre, Tel Botticelli, Raphaëlle, ou encore de Vinci N’osant lui parlé, le ventre noué, subjugué, par cette merveille Je l’ai regardée une éternité, Assis sur ce banc couvert de stigmates amoureux Puis elle s’est levée, Sans un mot, sans un regard, indifférente, s’en est allée, Vers la foule anonyme Moi tétanisé, paralysé, rêveur et débité, Je suis resté-là jusqu’au coucher de l’astre lumineux Depuis ce jour, Tous les matins, Je l’attends, sur ce banc, d’une attende vaine, Mais évidemment, elle n’est jamais apparue Peut-être était-ce un mirage, ou un rêve, ou encore un fantasme Seul le banc peut s’en rappeler, Lui à qui de multiples couples, Lui ont confié leurs amours, leurs larmes, et leurs secrets. Agro salvatore
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