Poème
L'Attente
C'est la vie au ralenti, c'est le cœur à rebours, c'est une espérance et demie: trop et trop peu à son tour. C'est le train qui s'arrête en plein chemin sans nulle station et on entend le grillon et on contemple en vain penché à la portière, d'un vent que l'on sent, agités les prés fleuris, les prés que l'arrêt rend imaginaires.
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Effondrement d'une civilisation ---------------------- Sa Majesté ralentie Semble marcher à rebours ; Ni l'Empire, ni sa vie Ne font frémir son coeur lourd. L'ennemi est dans la plaine ; La cour, en admiration Pour le chant d'un noir grillon, Ne fait que des choses vaines. Un temps pour tout, sur le Terre : Pour danser, pour s'agiter, Pour transpirer, pour chanter, Pour aller au cimetière.
Locomotive exoplanétaire ------------------------ Je progresse le long d’un tunnel plein de vide, Traînant des voyageurs en léger attirail ; Les uns sont rubiconds, les autres sont livides, Contemplant trois soleils que reflètent les rails. Au wagon-restaurant, personne n’est avide, Ils se rattraperont au caravansérail ; Quant à moi, j’obéis au chauffeur impavide Qui naquit dans une île aux récifs de corail. Le brave contrôleur vient de la lune rouge, Il reste au wagon-bar dont rarement il bouge ; Il s’en ira dormir quand sonnera minuit. Mes quarks chauffent un peu, mes neutrinos s’activent, Je t’invoque souvent, dieu des locomotives ; Mon coeur s’en satisfait, qui ne craint pas l’ennui.
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