Poème
L'Amour tombé des nues
par Robert DESNOS
Un samedi du moyen âge Une sorcière qui volait Vers le saba sur son balai Tomba par terre Du haut des nuages Ho ho ho madame la sorcière Vous voilà tombée par terre Ho ho ho sur votre derrière Et les quatre fers en l’air Vous tombez des nues Toute nue Par êtes vous venue Sur le trottoir de l’avenue Vous tombez des nues Sorcière saugrenue Vous tombez des nues Vous tombez des nues Sur la partie la plus charnue De votre individu Vous tombez des nues On voulait la livrer aux flammes Cette sorcière qui volait Vers le sabbat sur son balais Pour l’ascension Quel beau programme Ho ho ho voilà qu’la sorcière A fait un grand rond par terre Ho ho ho quel coup de tonnerre Il tomba d’l’eau à flots Et l’eau tombe des nues Toute nue Éteint les flammes tenues Et rafraîchi la détenue L’eau tombe des nues Averse bienvenue L’eau tombe des nues L’eau tombe des nues Et la sorcière se lave nue Oui mais dans l’avenue L’eau tombe des nues Qu’elle était belle la sorcière Les présidents du châtelet Les gendarmes et leurs valets La regardaient Dans la lumière ... et un éclair qui brille Et c’est vos yeux qui scintillent ... et votre cœur pétille Nous sommes sourds d’amour Et nous tombons des nues Elle est nue Oui mais notre âme est chenue Nous avons de la retenue Nous tombons des nues Sorcière saugrenue Nous tombons des nues Nous tombons des nues Qu’on relaxe la prévenue Elle nous exténue Nous tombons des nues Et je... Mais tombe des nues Tu tombes des nues Le monde entier tombe des nues L’amour tombe des nues Et vive les femmes nues !
Commentaires (2)
Je viens d'écouter ce poème chanté par le groupe:"Les têtes raides"moment magique et jouissif,encore mieux qu'à l'école.Mais ou sont passés les conteurs d'aujourd'hui,ahhhh!!!nostalgie quand tu nous tiens.
Oiseau de la gadelle ---------------- L’oiseau de la gadelle est un oiseau que j’aime ; Il vit dans mon jardin, il sait ce qui est bon, Il imite les voix tout en restant lui-même. J’aimerais bien avoir la moitié de ses dons. Il a construit son nid auprès d’un petit pont, Pour lui, l’humidité, ce n’est pas un problème ; Satisfait d’observer la danse des poissons, Il en fait de son chant le prétexte et le thème. S’il plonge dans les flots, il ne boit pas la tasse, Car il est familier de ce courant qui passe Depuis bien des années au-dessous de chez lui. Jamais il n’est pressé comme un homme d’affaires ; Il saisit les instants, il goûte l’éphémère, Heureux quand vient le jour, heureux quand vient la nuit.
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