Poème
L'amour sans trêve
par Antonin ARTAUD
Ce triangle d’eau qui a soif cette route sans écriture Madame, et le signe de vos mâtures sur cette mer où je me noie Les messages de vos cheveux le coup de fusil de vos lèvres cet orage qui m’enlève dans le sillage de vos yeux. Cette ombre enfin, sur le rivage où la vie fait trêve, et le vent, et l’horrible piétinement de la foule sur mon passage. Quand je lève les yeux vers vous on dirait que le monde tremble, et les feux de l’amour ressemblent aux caresses de votre époux.
Commentaires (2)
Je me suis montré tendre Avec une Cassandre, Et je me fis lâcher, tu t'en serais, vous m'entendez, * * Et je me fis lâcher, tu t'en serais douté. * * Cette dame assez noble, Avec sa grande robe, Je crois que c'est péché que de l'avoir, vous m'entendez, * * Je crois que c'est péché que de l'avoir quittée.
Ambiléosaure de sable --------------- Je suis un brave monstre noir, Un animal de comédie ; À divers maux je remédie Grâce à mes étranges pouvoirs. J’ai des papiers dans mes tiroirs, Qui sont mon encyclopédie ; Des visiteurs l’ont agrandie, Je vois le monde en ce miroir. Je ne sais comment je m’appelle, Mais j’ai des surnoms à la pelle, Dont quelques-uns qui me vont bien. Une simple vie est la mienne Et qui déjà se fait ancienne ; Pour ne vraiment servir de rien.
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