Poème
L'adieu a une dame
par Jules VERNE
Lorsqu'Adam fut chassé de l'Eden enchanteur, Il s'arrêta devant son entrée interdite, Puis il maudit son sort, sa faiblesse séduite : Ce qu'il voyait alors pressentait le malheur. En promenant au loin sa misère et sa fuite, Il apprit à porter son fardeau de douleur ! Il soupire un instant, puis il vit et s'agite : Le mouvement pour lui devient consolateur !... Vous, dont je n'aurai plus ni l'amour, ni les charmes, Tel serai-je ! avec vous, je n'avais que des larmes, Pour ce que je connus, je n'avais que soupirs ! Sans doute, en mon ciel, je me ferai plus sage ; De la tentation je fuirai le naufrage !... Pourtant je ne puis voir mon Eden sans désirs !
Commentaires (2)
Hommage au grand Jules ---------------------------------- Jules Verne, crois-le, tu es un séducteur ; Aussi, rupture, adieux, déconvenue fortuite, Ces petits incidents, tu les classes sans suite : Demain viendra t'offrir un rayon de bonheur. Cupidon est ainsi, parfois il prend la fuite : C'est son autre façon d'engendrer la douleur. Mais, qu'il se montre absent, qu'il dorme, qu'il s'agite, D'autres anges pour toi seront consolateurs. Qu'une Vénus un jour te refuses ses charmes, Donne-lui quelques vers plutôt qu'un flot de larmes; Donne-lui un sonnet plutôt que des soupirs. Et retourne au travail sur tes nobles ouvrages, Raconte les envols, raconte les naufrages, Le désir d'aventure est le plus beau désir !
"Qu'une Vénus un jour te refuse ses charmes" (sans "s" à la fin de "refuse")
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