Poème
L'absence
Huit jours sont écoulés depuis que dans ces plaines Un devoir importun a retenu mes pas. Croyez à ma douleur, mais ne l'éprouvez pas. Puissiez-vous de l'amour ne point sentir les peines! Le bonheur m'environne en ce riant séjour. De mes jeunes amis la bruyante allégresse Ne peut un seul moment distraire ma tristesse; Et mon cœur aux plaisirs est fermé sans retour. Mêlant à leur gaîté ma voix plaintive et tendre, Je demande à la nuit, je redemande au jour Cet objet adoré qui ne peut plus m'entendre. Loin de vous autrefois je supportais l'ennui; L'espoir me consolait : mon amour aujourd'hui Ne sait plus endurer les plus courtes absences. Tout ce qui n'est pas vous me devient odieux. Ah! vous m'avez ôté toutes mes jouissances; J'ai perdu tous les goûts qui me rendaient heureux. Vous seule me restez, ô mon Eléanore! Mais vous me suffirez, j'en atteste les dieux; Et je n'ai rien perdu, si vous m'aimez encore.
Commentaires (1)
Je ne trouve pas les poèmes que Ravel a mis sur ses "Chansons madécasse". Malgré l'inscription "traduit" par Evariste de Parny, il était en fait l'auteur des ces dizaine de poèmes, n'est-ce pas?
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