Poème
La Vraie Esthétique
Nous causions sur le Beau, lui savant, moi poète ; Au galbe de l’amphore il préférait le vin, Il appelait le style un grelot creux et vain, Et la rime, un écho dont le sens s’inquiète. Je répondais: « La forme aux yeux donne une fête ! Qu’il soit plein de falerne ou d’eau prise au ravin, Qu’importe ! si le verre a le profil divin ! Le parfum envolé, reste la cassolette. » Vous écoutiez, rêveuse, et mon œil, voyageant Pendant que je cherchais un argument quelconque, Suivait, sur les coussins, vos beaux pieds s’allongeant Tels les pieds de Vénus au rebord de sa conque ; Une écume de plis caressait leur contour Et semblait murmurer: « Le vrai beau, c’est l’amour ! » Paris.
Commentaires (1)
Celui qui va lisant, écoutant un poème, Quelquefois, il met tout son être en vibration, De l'auteur il reprend les interrogations, Le coeur du lecteur bat plus fort quand l'auteur aime. Car l'auteur d'un écrit, ce n'est pas que lui-même, C'est son clan, son village ou sa génération, Ses ancêtres lointains, toute la création Ayant mis dans son coeur et ses mots et ses thèmes. Une culture écrit quand l'homme prend la plume. Le paysan breton écrit avec sa brume, Celui des oliviers avec le bel azur. J'écris d'abord pour toi, si lointaine et si proche, Ma muse, mon amour, ma joie et mon reproche ; Mais ce n'est pas secret, c'est écrit sur un mur.
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