Poème
La Voix
par Robert DESNOS
Une voix, une voix qui vient de si loin Qu’elle ne fait plus tinter les oreilles, Une voix, comme un tambour, voilée Parvient pourtant, distinctement, jusqu’à nous. Bien qu’elle semble sortir d’un tombeau Elle ne parle que d’été et de printemps, Elle emplit le corps de joie, Elle allume aux lèvres le sourire. Je l’écoute. Ce n’est qu’une voix humaine Qui traverse les fracas de la vie et des batailles, L’écroulement du tonnerre et le murmure des bavardages. Et vous ? Ne l’entendez-vous pas ? Elle dit « La peine sera de courte durée » Elle dit « La belle saison est proche ». Ne l’entendez-vous pas ?
Commentaires (7)
je vous adore
j'aime pas beaucoup
Robert, tu entendais la voix de la Victoire ; Pourtant le quotidien était encore obscur, Et d'en sortir vivant, tu n'étais pas trop sûr. D'avoir ainsi chanté, c'est ton titre de gloire, Dans le siècle suivant, il est de toi mémoire, Comme d'un qui savait employer des mots durs, Mais aussi d'autres mots, doux comme des fruits mûrs, Comme d'un qui savait raconter une histoire. Nous savons qu'avec toi l'ennemi fut sévère, Qu'il te fit embarquer dans sa sombre galère Et terminer ta vie en souffrant mille maux. Tu n'es pas revenu de l'exil redoutable, Les copains n'ont plus mis ton assiette à leur table ; Mais ils rêvent le soir, en retrouvant tes mots.
Bel et digne hommage, Cochonfucius!
j aime ce poeme
je vous voix la voie
Oiseau bavard ------------ Je parle, je ne suis pas sage, Je suis un emplumé ringard ; Ce qui se lit dans mon regard, C’est l’ignorance chronophage, Toujours je veux être à la page, Je multiplie les avatars ; J’ai toujours un train de retard, Je n’évite aucun dérapage. Ça ne me rend point pessimiste, Ni aucunement alarmiste ; Ou alors, c’est subliminal. Je suis beau, je suis admirable, Peut-être, aussi, fort désirable ; Ou du moins, très original.
Connecte-toi pour laisser un commentaire.