Poème
La tristesse dans le parc
par Anna de NOAILLES
Entrons dans l'herbe florissante Où le soleil fait des chemins Que caressent, comme des mains, Les ombres des feuilles dansantes. Respirons les molles odeurs Qui se soulèvent des calices, Et goûtons les tristes délices De la langueur et de l'ardeur. Que nos deux âmes balancées Se donnent leurs parfums secrets, Et que le douloureux attrait Joigne les corps et les pensées... L'été, dans les feuillages frais, S'ébat, se délasse et s'enivre. Mais l'homme que rien ne délivre Pleure de rêve insatisfait. Le bonheur, la douceur, la joie, Tiennent entre les bras mêlés ; Pourtant les coeurs sont isolés Et las comme un rameau qui ploie. Pourquoi est-on si triste encor Quand le destin est favorable, Et pourquoi cette inéluctable Inclination vers la mort ?...
Commentaires (1)
Népoème de Jean-Paul Brancova : L’été, dans les feuillages frais, · · Se délasse et s’enivre Mais l'homme, rien ne le délivre ; · · Il rêve insatisfait. Le bonheur, la douceur, la joie, · · En ses bras sont mêlés ; Mais las sont les cœurs, isolés · · Tels ce rameau qui ploie. Tu verras toujours triste un sort · · Qu'il te soit favorable, Et toujours ton inéluctable · · Tangence vers la mort.
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