Poème
La tête étoilée - Un oiseau chante
Un oiseau chante ne sais où C'est je crois ton âme qui veille Parmi tous les soldats d'un sou Et l'oiseau charme mon oreille Écoute il chante tendrement Je ne sais pas sur quelle branche Et partout il va me charmant Nuit et jour semaine et dimanche Mais que dire de cet oiseau Que dire des métamorphoses De l'âme en chant dans l'arbrisseau Du coeur en ciel du ciel en roses L'oiseau des soldats c'est l'amour Et mon amour c'est une fille La rose est moins parfaite et pour Moi seul l'oiseau bleu s'égosille Oiseau bleu comme le coeur bleu De mon amour au coeur céleste Ton chant si doux répète-le À la mitrailleuse funeste Qui chaque à l'horizon et puis Sont-ce les astres que l'on sème Ainsi vont les jours et les nuits Amour bleu comme est le coeur même
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Oiseau préhistorique -------------- C’est un oiseau parlant qui vient du fond des âges, Se plongeant chaque jour dans la littérature ; Je lui donne des toasts et de la confiture, Je le vois grignoter, tout en tournant les pages. Il est plein du désir d’en savoir davantage, Cette accumulation nourrit son écriture ; Mais je ne sais s’il prend des notes de lecture, S’il ne le faisait point, ce serait bien dommage. Il aime déformer les poèmes d’autrui : Croit-il que certains d’eux furent écrits pour lui ? Cet oiseau prend Ronsard et Du Bellay pour maîtres. Il consulte parfois des auteurs étrangers, Puisque de nourriture il aime bien changer, C’est un drôle d’oiseau, lui, c’est un drôle d’être.
En réponse au sonnet de Cochonfusius Le chemin de son être Je ne sais où j’étais et quel était mon âge, Lorsque j’ai pu goûter à la littérature Pour la première fois, et pour la confiture, Je n’en sais pas non plus, il est vrai, davantage. Mais nous nous égarons, revenons à nos pages, C’est autrui, à coup sûr, qui me fit la lecture De l’ouvrage initial, car pour moi l’écriture Était du charabia, même aidé des images. J’avais peut-être un an et sans doute qu' »autrui » Était ma chère mère, hélas morte, aujourd’hui (Elle a lu pour les mômes, avant de disparaître). Ça n’est que bien plus tard que j’ai lu «l’Étranger», Un des livres qui m’a, et qui me fait changer, Car il n’en finit pas, le chemin de son son être.
Le chemin de son être (En réponse à Cochonfucius) Je ne sais où j’étais et quel était mon âge, Lorsque j’ai pu goûter à la littérature Pour la première fois, et pour la confiture, Je n’en sais pas non plus, il est vrai, davantage. Mais nous nous égarons, revenons à nos pages, C’est autrui, à coup sûr, qui me fit la lecture De l’ouvrage initial, car pour moi l’écriture Était du charabia, même aidé des images. J’avais peut-être un an et sans doute qu' »autrui » Était ma chère mère, hélas morte, aujourd’hui (Elle a lu pour les mômes, avant de disparaître). Ça n’est que bien plus tard que j’ai lu «l’Étranger», Un des livres qui m’a, et qui me fait changer, Car il n’en finit pas, le chemin de son son être.
Oiseau du Crétacé ------------ Enfant de dinosaure, on ne sait pas son âge, Rarement rencontré par les explorateurs ; Lui qu’on entend fort peu, ce n’est pas un chanteur, Je ne lui vois d’attraits qu’en son joli plumage. Il bâtit quinze nids, ou même davantage, Où des oiselles vont, car c’est un séducteur ; Aucun de ses enfants ne craint les prédateurs, Car ils ne pourraient point les prendre sans dommage. Il vécut en Eden, d’où l’homme s’est enfui, Après quoi, le serpent s’est adressé à lui, Mais sans beaucoup d’efforts, il s’en est rendu maître. Aucun langage ancien ne lui est étranger, Et le sien, cependant, se préserve, inchangé, Sauf pour quelques détails dans la forme des lettres.
L’oiseau qui chante comme Bob Dylan ---------- L’oiseau peut imiter un chanteur d’un autre âge, Mais il n’est qu’un rhapsode et pas un orateur ; Il peut signer son nom pour ses admirateurs, Trouvant un instrument dans son noble plumage. Il connaît quinze chants, ou même davantage, Lui qui sut inspirer plusieurs compositeurs ; Lorsque d’autres oiseaux viennent en visiteurs, Il aime s’imprégner de leurs divers ramages. Il récite un sonnet quand il va faire nuit, Il compose des airs dès que le soleil luit ; Il se souvient toujours des propos de son Maître. Aux grands auteurs latins il n’est pas étranger, Sa mémoire d’oiseau les a tous engrangés ; Il est considéré comme un homme de lettres.