Poème
La table flotte la nuit dehors, la nuit dedans
par Paul CELAN
La table flotte la nuit dehors, la nuit dedans et au-dessus de moi m'inondent les drapeaux du peuple et à côté de moi les hommes rament pour amener les cercueils à terre Et sous moi s'enciele, s'étoile comme chez moi à la Saint-Jean! Et je te parcours du regard, enflammée de soleil ; pense à ce temps, où la nuit grimpait avec nous sur la montagne pense à ce temps, pense que je fus, ce que je suis : un maître de cachots et de tours, un souffle dans les ifs, un ivrogne dans la mer, un mot où tu descends te brûler.
Commentaires (3)
Manoir flottant ------------ C’est un palais qui flotte, Il est presque aérien ; Neptune l’aime bien, Le barreur est son pote. J’entends les claires notes D’un psaume très ancien ; Avec ses musiciens La sirène fricote. Par temps clair, par temps gros, Nous voguons sans accroc ; Lointaines sont les terres. Guidée par le compas, Cette nef solitaire Glisse, et ne se perd pas.
Tables des tavernes ----------- Ici c’est un lieu respectable, Aussi bien la nuit que le jour ; La tristesse n’y a pas cours, Car c’est un endroit délectable. Les serveurs vont de table en table Et nous abreuvent tour à tour ; Le plateau ne leur est pas lourd, Qui à tout instant reste stable. La tavernière vient souvent S’asseoir avec ces bons vivants ; Ils font des efforts pour lui plaire. Le tavernier parfois la suit ; Nous avons des égards pour lui, Qui sait se rendre populaire.
Paléontologue Cherchant l'homme des tavernes...
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