Poème
La source tombait du rocher
par Victor HUGO
La source tombait du rocher Goutte à goutte à la mer affreuse. L’Océan, fatal au nocher, Lui dit : « Que me veux-tu, pleureuse ? « Je suis la tempête et l’effroi ; « Je finis où le ciel commence. « Est-ce que j’ai besoin de toi, « Petite, moi qui suis l’immense ? » La source dit au gouffre amer : « Je te donne, sans bruit ni gloire, « Ce qui te manque, ô vaste mer ! « Une goutte d’eau qu’on peut boire. » Avril 1854.
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Dans ce poème, l'on retrouve toute la fragilité et toute la force de chaque être humain. En peu de vers, tout est dit. Et si bien dit.
Saint Escuiruel --------- Ce saint rongeur grimpe aux rochers Puis dans un trou d’arbre il se cache ; Fier comme un coq sur son clocher, Il lisse sa fine moustache. Sur un grimoire il s’est penché Qu’écrivit jadis Sainte Vache ; Dès sa jeunesse, il fut touché Par cette grande âme sans tache. Puis il écoute Saint Renard Qui de porter son chef a l’art Sans craindre les démons sauvages. Il a des noix pour son repas, Du jus de mûres pour breuvage ; La disette, il ne la craint pas.
Escuiruel d’inframonde -------------------------- Un puits s’ouvre sous un rocher, Mais sans aucune eau, que je sache ; Évite de t’en approcher, Un écureuil d’enfer s’y cache. Avec son sabre, il peut trancher, Il peut découper une vache ; Son couteau, de corne emmanché, La tête et les membres détache. Il extermine les renards Et massacre les saint-bernards ; C’est un démon des plus sauvages. Ne sois pas son prochain repas, Qu’il n’ait pas ton sang pour breuvage ; Ce diable ne pardonne pas.
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