Poème
La Sœur novice
par François COPPÉE
Lorsque tout douloureux regret fut mort en elle Et qu’elle eut bien perdu tout espoir décevant, Résignée, elle alla chercher dans un couvent Le calme qui prépare à la vie éternelle. Le chapelet battant la jupe de flanelle, Et pâle, elle venait se promener souvent Dans le jardin sans fleurs, bien abrité du vent, Avec ses plants de choux et sa vigne en tonnelle. Pourtant elle cueillit un jour, dans ce jardin, Une fleur exhalant un souvenir mondain, Qui poussait là malgré la sainte obédience ; Elle la respira longtemps, puis, vers le soir, Saintement, ayant mis en paix sa conscience, Mourut, comme s’éteint l’âme d’un encensoir.
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Fleur de cloître ------------- Quand viendra la saison nouvelle, Pleins de douceur seront les vents ; Je fleurirai dans ce couvent Qu’institua Jean de Nivelle. Quand reviendront les hirondelles, J’attendrai le soleil levant ; Ce bel astre est un bon vivant, La Terre aime l’avoir près d’elle. Des nonnes iront au jardin, Bavardant sur un ton badin, N’ayant point fait voeu de silence. Je m’endormirai vers le soir, Dans le son que les cloches lancent ; Je rêverai d’un ostensoir.
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