Poème
La Poule aux oeufs d'or
L'avarice perd tout en voulant tout gagner. Je ne veux, pour le témoigner, Que celui dont la Poule, à ce que dit la Fable, Pondait tous les jours un oeuf d'or. Il crut que dans son corps elle avait un trésor. Il la tua, l'ouvrit, et la trouva semblable A celles dont les oeufs ne lui rapportaient rien, S'étant lui-même ôté le plus beau de son bien. Belle leçon pour les gens chiches : Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus Qui du soir au matin sont pauvres devenus Pour vouloir trop tôt être riches ?
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Un seigneur d'autrefois aimait les enclosures. Nul château que le sien n'eut plus forte paroi, Pas même les donjons que construisit le roi; C'est ma propriété, dit-il, je la veux sûre. Pour découvrir toujours des substances plus dures, Auprès d'un alchimiste il engagea sa foi, Lequel passait son temps à rechercher les lois Par quoi l'on peut contraindre et forcer la Nature. Un beau jour, le savant inventa un cristal Où le château fut mis comme dans un bocal; De son air, le seigneur devint propriétaire. C'est mon air, c'est mon air, rugit-il d'un ton sourd; Mais il ne parvint pas ainsi au bout d'un jour, En fin d'après-midi, on le vit mort, par terre.
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