Poème
La petite maison
par Charles VILDRAC
Sur le versant de la montagne, A mi-hauteur, on aperçoit Une petite maison toute seule. D'ici, elle semble accrochée A un pan de muraille nue, Et le soir, on voit sa lumière Agoniser sous le poids de la nuit. - Ah ! comment peut-on vivre là ? T'exclames-tu en frissonnant. Moi, je ne connais pas l'endroit Mais je sais bien que la montagne N'a pas, pour qui gravit ses pentes, Ce visage fermé qu'on voit de loin. Moi, je sais bien qu'elle est vêtue De fenouil, de myrte et de menthe, De romarin, de lavande et de thym ; Et que sa cime se recule A mesure qu'on va vers elle Et que son flanc parfois se creuse Offrant un sûr et calme asile. Je sais qu'il y a un mûrier, Des amandiers, des pins, des chênes, Un tapis d'herbe et deux chevrettes Derrière la petite maison. Et devant elle, une terrasse Avec son banc et sa table de pierre Où des gens, après leur travail, Dans l'air doré du crépuscule, Boivent frais le vin de leur vigne.
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