Poème
La Parole
par Paul ÉLUARD
J’ai la beauté facile et c’est heureux Je glisse sur les toits des vents Je glisse sur le toit des mers Je suis devenue sentimentale Je ne connais plus le conducteur Je ne bouge plus soie sur les glaces Je suis malade fleurs et cailloux J’aime le plus chinois aux nues J’aime la plus nue aux écarts d’oiseau Je suis vieille mais ici je suis belle Et l’ombre qui descend des fenêtres profondes Épargne chaque soir le cœur noir de mes yeux.
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Arbres des jardins ------------ Je vous ai traversés, jardins inégalés, Des feuilles j’entendais les muettes paroles ; Assez simple est leur style, elles n’ont pas d’école, On ne les voit jamais leur culture étaler, Ni dans les Facultés en thèse s’enrôler. Ni, pour passer le temps, forger d’obscurs symboles. Ces feuilles sans lourdeur qui dans le vent s’envolent Sentent venir l’hiver, sans pourtant s’affoler. Dans ces jardins, j’appris mille charmantes choses En observant les fleurs qui s’y trouvent encloses, Y compris la pensée, y compris le souci. Cet endroit qu’en hiver le vent trouble et dérange, Mon esprit l’aime tel que les saisons le changent, Mesurant le bonheur que j’ai de vivre ici.
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