Poème
La musique
La musique souvent me prend comme une mer ! Vers ma pâle étoile, Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther, Je mets à la voile ; La poitrine en avant et les poumons gonflés Comme de la toile, J'escalade le dos des flots amoncelés Que la nuit me voile ; Je sens vibrer en moi toutes les passions D'un vaisseau qui souffre ; Le bon vent, la tempête et ses convulsions Sur l'immense gouffre Me bercent. D'autres fois, calme plat, grand miroir De mon désespoir !
Commentaires (3)
Bicoq de sable -------------- Le coq à double face a rêvé de la mer Et des pâles étoiles, Des nuages de feu qui planent dans l’éther Et des anges sans voiles. Un chant surgit alors de son torse gonflé Comme une cornemuse, Il déclame des mots que n’a jamais soufflés Aucune voix de muse. Une poule attentive, au lieu de se cacher, Entend cette romance , Le coq, par sa présence, est quelque peu touché, Alors, il recommence.
Poule azurée ------------ Avez-vous entendu conter au coin du feu L’histoire de la poule? Avez-vous connaissance Des chants qu’elle a chantés au temps des jours heureux ? Et cela fut longtemps avant votre naissance. Les goupils de ce monde étaient pleins d’innocence, Pour aucun volatile ils n’étaient dangereux ; Le coq n’abusait point de sa toute-puissance, Les hivers survenaient sans être rigoureux. Pour vivre, les ruraux n’étaient pas à la peine, Car de trésors pour eux la nature était pleine, Qu’elle savait produire et qu’elle aimait offrir. Le temps que nous vivons, il est d’une autre essence, Jours de déréliction et de déliquescence
... Et qui semblent vouloir nous apprendre à souffrir.
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