Poème
La muse malade
Ma pauvre muse, hélas ! qu'as-tu donc ce matin ? Tes yeux creux sont peuplés de visions nocturnes, Et je vois tour à tour réfléchis sur ton teint La folie et l'horreur, froides et taciturnes. Le succube verdâtre et le rose lutin T'ont-ils versé la peur et l'amour de leurs urnes ? Le cauchemar, d'un poing despotique et mutin, T'a-t-il noyée au fond d'un fabuleux Minturnes ? Je voudrais qu'exhalant l'odeur de la santé Ton sein de pensers forts fût toujours fréquenté, Et que ton sang chrétien coulât à flots rythmiques, Comme les sons nombreux des syllabes antiques, Où règnent tour à tour le père des chansons, Phoebus, et le grand Pan, le seigneur des moissons.
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Gallicervidé ----------------- Le gallicervidé s’inquiète, ce matin ; Le vague souvenir de ses rêves nocturnes Fait que son petit coeur d’un peu d’angoisse est teint, Plus qu’à son habitude, on le voit taciturne Il ne dit rien au troll, ni même au vert lutin ; Le satyre versant le bon vin de son urne Ne peut le dérider de quelques traits mutins, Il est plus assombri qu’Hadès ou que Saturne. Il n’a pas de souci, pourtant, pour sa santé Le sentier par la biche est toujours fréquenté, L’oiseau bleu lui redit son bel air bucolique. Puisqu’il ne peut goûter le vin ni la chanson, Il traverse les champs rasés par la moisson Afin d’en savourer la vue mélancolique.
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