Poème
La Moisson
par Robert DESNOS
Incroyable est de se croire Vivant, réel, existant. Incroyable est de se croire Mort, feu, défunt, hors du temps. Incroyable est de se croire Et plus incroyable encore De se croire, pour mémoire, Un rêve, une âme sans corps. Belles roses du passé, Roses, odorantes roses, Qui dès l’aube frémissez, À la nuit déjà décloses, Votre sort rapide et long Est égal à nos années Même si, dans le salon, On vous apporte fanées. Nos dieux étaient trop fragiles, C’étaient de petites gens, Dans un petit domicile, Vivant de fort peu d’argent. Plus grande est notre fortune Et plus sombre est notre sort. Nous ne voulons pas la lune. Nous ne craignons pas la mort. Par nos cinq sens ligoté Notre univers rapetisse. Adieu rêve, adieu beauté ! De vous je fais sacrifice Au monde trop limité.
Commentaires (4)
Ma vie est comme une histoire Qu'un vieillard s'en va contant ; Ma vie est comme une histoire Qui se narre au temps présent Ma vie est comme une histoire Que l'écho répète encore Et qui vit dans ma mémoire D'une existence sans corps. Les inscriptions du passé Montrent de bien belles choses, De beaux sentiments tressés À des ceintures décloses, Un préambule un peu long Dans les premières années Et des semelles de plomb Quand les forces sont fanées. Goûter un bonheur fragile, Faire rire un peu les gens, Décorer un domicile Avec du papier d’argent, Tracer des vers de fortune : Il n'est pas mauvais, ce sort, Surtout quand brille la lune Au-dessus des arbres morts. Ce monde a, de tous côtés, Des merveilles qui se tissent ; Quand je m'y laisse flotter Je le devine propice Au règne de la beauté.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/category/ma-vie/
Moisson future ----------- De rêves se nourrit ma vie, De fantasmatiques moissons ; Je n’écoute aucune leçon, Je prends conseil de mes envies. Ce dont ma vieille âme est ravie, C’est d’un rien, c’est d’une chanson ; Les mots font retentir leur son Et l’oreille en est assouvie. Jours de plaisir, jours de douleur, Autant de jours, autant de fleurs : Sur chaque gâteau, sa cerise. Je ne sais plus, je perds le fil, Sous la grêle un carreau se brise ; D’Atropos je vois le profil.
restons actifs longtemps pas radioactifs !
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