Poème d’un membre
La Louvrière
par guillaumePrevelMembre
La louvrière. ???? Son grain de peau est pâle Sa démarche altière Ses gestes sont précis et clairs Autour de son joli cou pend une pierre d’opale Dans les galeries du Louvre Où la foule se presse Elle au contraire, sereine, calme, décompresse Et pose son regard sur ce monde qu’elle redécouvre; Chaque fois qu’elle porte ses pas Dans ce Palais si riche du passé… Son joli front ne semble jamais lassé Elle observe et dessine de son œil compas Les courbes d’un corps musclé Les traits d’un visage juvénile Ou bien la marque cruelle et sénile D’un homme proche de trépasser Un détail la contrarie et elle se fige Ressemblant à la statue qu’elle croque Ne se souciant plus de ce monde dont elle se moque Préférant l’univers fabuleux des dieux et des stryges. Je la croise souvent au détour d’une galerie Et la regarde discrètement Tandis que son attention se trouve totalement Absorbé par son œuvre, le plaisir de sa vie Elle a alors cette étrangeté du regard Cette fixité des statues antiques Cette beauté sublime et romantique Qui font d’elle un être à part Les heures douces et longues passent Et les ombres grandissent Les badauds déguerpissent Sans qu’elle, jamais ne se lasse Puis, brusquement sa rêverie cesse Son geste précis et doux Est subitement parcouru de surprenants remous Et elle déchire avec élégance son dessin plein de délicatesse Éternellement insatisfaite de son travail Elle le jette, et reviendra, je le sais, améliorer sa technique Tandis que chaque fois à l’identique Je ramasse à sa suite, les lambeaux de papier aux délicats détails Alors, impatient de la revoir, je rêve à notre prochaine entrevue Dans ce temple dédié aux artistes Où elle se fait tour à tour joyeuse et triste Muse, maîtresse d’art, déesse sous ma vue. 16 septembre 2023
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