Poème
La Fille du Baron
par Petrus BOREL
À Théophile Gautier, poète. — Non ! rendez-moi mon bachelet ; Mon humble cœur est son varlet ! Sèche tes pleurs, fille adorée. Tu peux puiser dans mon trésor ; Veux-tu brillera la vesprée ? Prends tous ces velours et cet or ! Non ! rendez-moi mon bachelet ; Mon humble cœur est son varlet ! Peux-tu préférer, ô ma fille ! Ce tant pauvret à d’Archambault, Dont l’estoc près du trône brille, Et qui même nu roi parle haut. Non ! rendez-moi mon bachelet ; Mon humble cœur est son varlet ! Il a trois châteaux en Touraine, Deux dans le Rhône se mirant. Tu serais grande suzeraine, Tu brillerais nu premier rang. Non ! rendez-moi mon bachelet ; Mon humble cœur est son varlet ! On te rendra partout hommage, Partout ! comme on le fait au roi, Les vassaux baiseront la plage Où passera ton palefroi. Non ! rendez-moi mon bachelet ; Mou humble cœur est son varlet ! Ainsi, tu brave honneurs, famille, D’Archambault, mes vœux !… sans détour, Écuyers ! qu’on traîne ma fille Aux oubliettes de la tour ! Non ! rendez-moi mon bachelet ; Mon humble cœur est son varlet !
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