Poème
La discrétion
O la plus belle des maîtresses! Fuyons dans nos plaisirs la lumière et le bruit; Ne disons point au jour les secrets de la nuit; Aux regards inquiets dérobons nos caresses. L’amour heureux se trahit aisément. Je crains pour toi les yeux d’une mère attentive; Je crains ce vieil Argus, au coeur de diamant, Dont la vertu brusque et rétive Ne s’adoucit qu’à prix d’argent. Durant le jour tu n’es plus mon amante. Si je m’offre à tes yeux, garde-toi de rougir; Défends à ton amour le plus léger soupir; Affecte un air distrait; que ta voix séduisante Évite de frapper mon oreille et mon coeur; Ne mets dans tes regards ni trouble ni langueur. Hélas! de mes conseils je me repens d’avance. Ma chère Éléonore, au nom de nos amours, N’imite pas trop bien cet air d’indifférence: Je dirois, "C’est un jeu "; mais je craindrois toujours.
Commentaires (1)
Tout simplement sublime, "fin", subtile. Merveilleux, intemporel. Comme ses autres poèmes, tout autant remarquable. Extrait découvert dans un livre analytique écrit par Mr DELON sur les ouvrages du genre. Je ne regrette pas ma découverte. De la délicatesse dans le jeu de mots, que l'on ne retrouve pas dans les textes modernes. Un livre de plus pour ma collection en prévision. J'ai visité les autres poèmes de Mr de PARNY joint a cette page. J'adore !
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