Poème
La Chanson de ma Mie
Or, voyez qui je suis, ma mie. Alfred de Musset. L'eau, dans les grands lacs bleus Endormie, Est le miroir des cieux : Mais j'aime mieux les yeux De ma mie. Pour que l'ombre parfois Nous sourie, Un oiseau chante au bois : Mais j'aime mieux la voix De ma mie. La rosée, à la fleur Défleurie Rend sa vive couleur : Mais j'aime mieux un pleur De ma mie. Le temps vient tout briser. On l'oublie. Moi, pour le mépriser, Je ne veux qu'un baiser De ma mie. La rose sur le lin Meurt flétrie ; J'aime mieux pour coussin Les lèvres et le sein De ma mie. On change tour à tour De folie : Moi, jusqu'au dernier jour, Je m'en tiens à l'amour De ma mie. Mars 1845.
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