Poème
L'Image
par Léon DIERX
La terre dans le ciel promène Sa face où vit l'humanité. La terre va ; la vie humaine Ronge son crâne tourmenté. Les hommes courent à leurs quêtes Sur la terre, ardents et pressés ; Comme aux vieux masques des coquettes S'obstinent les anciens pensers. La terre est vieille et décrépite, Et rêve encor, spectre blafard ; La terre croit qu'un coeur palpite Entre ses os couverts de fard. Chaque jour, de son front par masse Tombent son plâtre et ses cheveux. La vie imbécile grimace, S'enivrant des plus doux aveux. Et quand revient le crépuscule Traînant la nuit, parfait miroir, Jamais sous l'horreur ne recule La terre qui ne veut pas voir ! - Le temps d'un bras robuste enserre Ta carcasse, et la fait craquer ! Regarde enfin d'un oeil sincère Là-haut ton corps se décalquer ! C'est trop longtemps te rendre hommage Sous ton reflet morne et hideux. Reconnais-toi dans ton image ; Confrontez-vous toutes les deux : O terre lasse ! ô lune inerte ! Foyer mourant ! Cendre des morts ! Toi, que partout l'espoir déserte ! Toi, qui n'as plus même un remords !
Commentaires (1)
Mandala --------- Je regarde un tracé dont j’ignore le thème, Oeuvre d’un vieux rêveur ou d’un moine dément ; C’est une symétrie, un enchevêtrement, Je n’y vois rien qui puisse inspirer un poème. Cela fut-il construit pour résoudre un problème ? Pourrait-on là-dessus méditer longuement ? Non, ça ne me dit rien, c’est un peu désarmant, C’est un contour abstrait, c’est un obscur graphème. Sur le marché de l’art, ça ne vaut pas bien cher, C’est une oeuvre futile, et qui manque de chair ; Nul ne lui trouvera de valeur symbolique. Tiens ! je vois son auteur, c’est un ange de Dieu ; Il voulut célébrer Marie, reine des cieux, Son pinceau, cependant, n’est pas très catholique.
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