Poème
L'escalier de l'ara coeli
par René-François SULLY PRUDHOMME
On a bâti là, plus réel Que l'échelle du patriarche, Un escalier dont chaque marche Est vraiment un pas vers le ciel. Dans la nature tout entière L'architecte prit à son gré Pour cet édifice sacré La plus glorieuse matière : Il prit des marbres sans rivaux, Fragments de ces pierres illustres Que la pioche aveugle des rustres Brisait pour faire de la chaux, Et qui toutes étincelèrent Au front des temples abattus, Ou que les Gracques et Brutus Au Forum de leur pied foulèrent ! I1 les prit et les entassa, Rejeton hardi de la race Qui, regardant les dieux en face, Roulait Pélion sur Ossa. Et malgré les hordes très sales De mendiants et de fiévreux Se cherchant leur vermine entre eux Sur ces assises colossales, Bien qu'il s'y traîne des dévots Dont une poupée est l'idole, On y voit, comme au Capitole, Monter les ombres des héros !
Commentaires (3)
Gravir quelques marches ----------- Je vais jusqu’au grenier sans ménager ma peine, Sous chacun de mes pas j’entends gémir le bois ; Ces lieux sont parcourus par un courant d’air froid, Par-dessus la chemise on supporte une laine. De vieux bouquins, là haut, plusieurs malles sont pleines, Rien que de les ranger peut prendre plusieurs mois ; C’est ce que j’aime faire en grignotant des noix, Dans un assez grand sac, j’en ai quelque centaines. Bien des gens avant moi vécurent dans ces lieux, Des sages qui lisaient ce qu’on trouve de mieux ; De nobles érudits, des chercheurs de lumière. On y voyait aussi quelques buveurs de bière ; Mais ils sont à présent sous une froide pierre, Ayant remis leur âme entre les mains de Dieu.
Oies du Capitole ---------------- Ce sont gardiennes attitrées, Qui nous furent d’un grand secours ; Car elles veillent nuit et jour Sur cette colline sacrée. « Notre ville en est honorée », Dit le maire dans un discours ; Il leur promit, pour faire court, Leurs friandises préférées. Cruels barbares sans merci, C’est pour vous le temps des soucis ; En vain priez-vous vos idoles. Éloignez-vous donc, maraudeurs, Vous vîntes pour votre malheur ; Allez plutôt voir l’Acropole.
mettez moi en ligne svp; je vous donnerai du chocolat et des noisettes!
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