Poème d’un membre
L’adieu à mon père
par dutaillyphilippeMembre
Nous étions six, unis, dans la sinistre pièce debout, dans l’hôpital, devant un lit funèbre pour voir notre héros mourir en fin de pièce dans une tragédie obscurcie de ténèbres. Allongé, tuyauté, respirant à grand peine, entouré d’appareils devenus dérisoires mon père toujours là au milieu de nos peines luttait dans un combat à l’espoir illusoire. Son cœur battait encor de façon mécanique mais son âme, sans doute, avait quitté le corps, Son souffle, peu à peu, devenait moins phonique faisant de son visage un masque sans décor. Collées devant ce lit, les photos importantes enfants, petits-enfants posant avec mon père toutes étaient pour lui des joies réconfortantes son trésor le plus cher et ses derniers repères. Ma mère, assise et toujours amoureuse, désemparée, ne cessait de le dévisager. du jeune compagnon de ses heures heureuses, restait ce beau visage d’un mari très âgé. Ma sœur, à son chevet, gardait de l’espérance caressant tendrement le visage paternel elle lui parlait tout bas avec tempérance priant secrètement qu’il demeure éternel. Nous attendions la fin sans montrer d’impatience et nous nous demandions s’il pouvait nous entendre si malgré ses yeux clos lui restait la conscience pour écouter l’amour porté par nos mots tendres. Me revenait parfois des souvenirs d’enfance son humeur joyeuse, ses très rares colères sa bonté pardonnant mes petites offenses. Quand son cœur s’arrêta ! Et mes larmes coulèrent…… J’aurais voulu crier pourtant je fis silence, devant ce corps inerte et sans respiration. s’il fut pour ses amis un être d’excellence, papa reste mon guide et mon inspiration. 19/09/2003
Commentaires (1)
Enfin ! Malherbe est revenu. Merci !
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