Poème
Jeune homme irrité
par Marceline DESBORDES-VALMORE
Jeune homme irrité sur un banc d'école, Dont le coeur encor n'a chaud qu'au soleil, Vous refusez donc l'encre et la parole À celles qui font le foyer vermeil ? Savant, mais aigri par vos lassitudes, Un peu furieux de nos chants d'oiseaux, Vous nous couronnez de railleurs roseaux ! Vous serez plus jeune après vos études : Quand vous sourirez, Vous nous comprendrez. Vous portez si haut la férule altière, Qu'un géant plîrait sous son docte poids. Vous faites baisser notre humble paupière, Et nous flagellez à briser nos doigts. Où prenez-vous donc de si dures armes ? Qu'ils étaient méchants vos maîtres latins ! Mais l'amour viendra : roi de vos destins, Il vous changera par beaucoup de larmes : Quand vous pleurerez, Vous nous comprendrez ! Ce beau rêve à deux, vous voudrez l'écrire. On est éloquent dès qu'on aime bien ; Mais si vous aimez qui ne sait pas lire, L'amante à l'amant ne répondra rien. Laissez donc grandir quelque jeune flamme Allumant pour vous ses vagues rayons ; Laissez-lui toucher plumes et crayons ; L'esprit, vous verrez, fait du jour à l'âme : Quand vous aimerez, Vous nous comprendrez !
Commentaires (1)
Les ours solaires ----------------------- Les ours du cosmos sont à bonne école, Sachant les secrets de Lune et Soleil, Ils font leur métier, sans une parole, Baignant dans le feu de l’astre vermeil. Toujours, sans fatigue et sans lassitude, Bien installés dans l’éther sans oiseaux, Ils guettent de loin le reflet des eaux Sur l’astre vivant dont ils font l’étude. Leur esprit est clair, leur figure altière, Ce sont gens de bien, ce sont gens de poids. Un rêve archaïque hante leurs paupières, Dans lequel Adam les touche du doigt.
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