Poème
Je vous salis, ma rue
par Jacques PRÉVERT
Je vous salis ma rue et je m'en excuse un homme-sandwich m'a donné un prospectus de l'Armée du Salut je l'ai jeté et il est là tout froissé dans votre ruisseau et l'eau tarde à couler Pardonnez-moi cette offense les éboueurs vont passer avec leur valet mécanique et tout sera effacé Alors je dirai je vous salue ma rue pleine d'ogresses charmantes comme dans les contes chinois et qui vous plantent au coeur l'épée de cristal du plaisir dans la plaie heureuse du désir Je vous salue ma rue pleine de grâce l'éboueur est avec nous.
“Je vous salis, ma rue”, tiré du recueil “Fatras” paru aux éditions Gallimard © Fatras/ Succession Jacques Prévert, pour les droits audiovisuels et numériques
Commentaires (5)
Genial . Super cool . Majestueux .
Énorme
pas mal même très bien
Jacques sur un trottoir ----------------------- Jacques, se promenant, jette à terre un papier : Il vous évoque alors, femme du charpentier, Ah ! que de dévotion chez ce gentil poète, Un jour à ses côtés, c'est comme un jour de fête. C'est un jour de magie, sans trop qu'il n'y paraisse : Le bitume soudain voit surgir des ogresses Et pourquoi pas le diable ou le sphinx du désert, Il faut s'attendre à tout, avec ce vieux Prévert. Et puis voici quelqu'un qui ce papier ramasse ; La rue va retrouver bientôt toute sa classe, Jacques poursuit sa route, armé de ses désirs, Le voilà reparti pour un jour de plaisirs.
salou mon petit jésou plein de graisse!!!
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