Poème
Je sens dedans mon ame une guerre civile
par Jean de SPONDE
Je sens dedans mon ame une guerre civile D'un parti ma raison, mes sens d'autre parti, Dont le bruslant discord ne peut estre amorti Tant chacun son tranchant l'un contre l'autre affile. Mais mes sens sont armez d'un verre si fragile Que si le coeur bientost ne s'en est departi Tout l'heur vers ma raison se verra converti, Comme au party plus fort plus juste et plus utile. Mes sens veulent ployer sous ce pesant fardeau Des ardeurs que me donne un esloigné flambeau, Au rebours la raison me renforce au martyre. Faisons comme dans Rome, à ce peuple mutin De mes sens inconstans arrachons-les enfin, Et que notre raison y plante son Empire.
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Poème emplit de musique et de rhétoriques mélodieuses !
Les sept nations -------------------- En Terre d'Argent sont personnes fort civiles Qui toujours du bon sens adoptent le parti ; En Terre d'Azur sont des esprits amortis Qui devant le labeur chaque jour se défilent. De Gueules la Terre a des messieurs bien fragiles Et, qui plus est, ce sont de parfaits abrutis. En Terre d'Or ils sont du vice repentis : Cette démarche, en soi, me semble fort utile. En Terre de Sinople on charrie des fardeaux Même pendant la nuit, quand brûlent les flambeaux ; Gens de Terre d'Hermine, on ne peut faire pire, Traitent tous les débats à coups de calembours. S'il est un endroit qui convient à mes vieux jours, C'est la Terre de Sable, un agréable empire.
Poisson de combat ---------- Mon coeur est pur et mon âme est virile, Des opprimés j’adopte le parti ; Je suis gardien des mondes engloutis, Je ne saurais faire des choses viles. Ma grande épée défend les plus fragiles, Car mon honneur leur est assujetti ; Les prédateurs, soit je les convertis, Soit je détruis leur carcasse inutile. C’est un devoir, ce n’est pas un fardeau, De mes aïeux je porte le flambeau ; J’hérite d’eux le meilleur et le pire. Or, je faiblis, j’ai vécu trop de jours, De cette vie je perds un peu l’amour ; D’autres viendront, pour servir cet Empire.
* * * ------ Presque un poisson d'avril.
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