Poème
Je sais un nid charmant et tendre...
Je sais un nid charmant et tendre Où niche l’oiseau bleu du cœur, L’oiseau dont nul ne peut entendre Sans tressaillir, l’accent vainqueur ; Nid plein de grâces sans pareilles, Qui, sous un rayon de gaieté, Scintillent comme des abeilles Dans l’or des aurores d’été. Formé de fleurs fraîches écloses, Œuvre admirable de l’amour, Des perles, des feuilles de rosés, Dessinent son riant contour. Écrin délicieux que dore La jeunesse en traits éclatants ; D’où s’échappe, ailée et sonore, La vive chanson du printemps ; D’où sort une divine haleine, Comme d’un calice vermeil Qui livre aux souffles de la plaine Son sein tout baigné de soleil. Nid séducteur où rit l’ivresse, Cachant ses secrètes ardeurs, Comme une coupe enchanteresse Dont les bords sont voilés de fleurs. Plus mignon qu’un nid d’oiseau-mouche, Plus frais qu’un cœur de rose-thé, — Ce nid ravissant…, c’est ta bouche, Doux paradis de volupté, Où les désirs, ramiers fidèles, Volent toujours inapaisés, Et vont provoquer à coups d’ailes L’essaim palpitant des baisers !
Commentaires (1)
Nid de l’oiseau magicien ---------- Le vieil ornithologue a rêvé de le voir, Ce nid dont la structure est si bien agencée ; De l’oiseau bâtisseur la subtile pensée S’appuie sur un solide et ancestral savoir. « Tu peux fort aisément trouver le nid du loir, Il est fait de jolies brindilles amassées ; D’autres formes de nid sont partout recensées, Mais je n’en aime aucun, malgré ton bon vouloir. » Ainsi se lamentait ce chercheur aux traits mornes ; Certes, son désespoir nous a paru sans bornes, Nous n’avons pu traiter sa demande à la noix. Le voilà qui poursuit son errance éternelle ; Au lieu d’être avec nous, buvant sous la tonnelle, Il parcourt les sentiers, au plus profond des bois.
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