Poème
J'ai vu le Diable, l'autre nuit
par Paul-Jean TOULET
J'ai vu le Diable, l'autre nuit ; Et, dessous sa pelure, Il n'est pas aisé de conclure S'il faut dire : Elle, ou : Lui. Sa gorge, - avait l'air sous la faille, De trembler de désir : Tel, aux mains prés de le saisir, Un bel oiseau défaille. Telle, à la soif, dans Blidah bleu, S'offre la pomme douce ; Ou bien l'oronge, sous la mousse, Lorsque tout bas il pleut. - " Ah ! " dit Satan, et le silence Frémissait à sa voix, " Ils ne tombent pas tous, tu vois, Les fruits de la Science ".
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Diable invisible ------------ Le diable transparent récite un madrigal, Il veut gagner le coeur de la chèvre Blanchette ; Il rêve qu’ils pourront mêler leurs barbichettes Dans une imitation de bonheur conjugal. Elle ne voudra pas d’un rapport illégal, Car son âme n’est pas de celles qu’on achète ; Elle aimerait plutôt trouver une cachette, (En ville ou dans les bois, cela lui est égal). Au vieux bouc elle doit accorder ses faveurs ; S’il éloigne le diable, il sera son sauveur, Mais d’un pareil combat, l’issue est incertaine. Ou bien, si le démon se laissait émouvoir, Chacun serait content de lui dire au revoir, Surtout s’il s’en allait vers des contrées lointaines.
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