Poème
J’aime ces doux oiseaux...
par Jules VERNE
J'aime ces doux oiseaux, qui promènent dans l'air Leur vie et leur amour, et plus prompts que l'éclair, Qui s'envolent ensemble ! J'aime la fleur des champs, que l'on cueille au matin, Et que le soir, au bal, on pose sur son sein Qui d'enivrement tremble ! J'aime les tourbillons des danses, des plaisirs, Les fêtes, la toilette, et les tendres désirs Qui s'éveillent dans l'âme ! J'aime l'ange gardien qui dirige mes pas, Qui me presse la main, et me donne tout bas Pour les maux un dictame ! J'aime du triste saule, au soir muet du jour, La tête chaude encor, pleine d'ombre et d'amour, Qui se penche et qui pense ! J'aime la main de Dieu, laissant sur notre cœur Tomber en souriant cette amoureuse fleur Qu'on nomme l'espérance ! J'aime le doux orchestre, en larmes, gémissant Qui verse sur mon âme un langoureux accent, Une triste harmonie ! J'aime seule écouter le langage des cieux Qui parlent à la terre, et l'emplissent de feux De soleil et de vie. J'aime aux bords de la mer, regardant le ciel bleu, Qui renferme en son sein la puissance de Dieu, M'asseoir toute pensive ! J'aime à suivre parfois en des rêves dorés Mon âme qui va perdre en des flots azurés Sa pensée inactive ! J'aime l'effort secret du cœur, qui doucement S'agite, la pensée au doux tressaillement, Que l'on sent en soi-même ! Mieux que l'arbre, l'oiseau, la fleur qui plaît aux yeux, Le saule tout en pleurs, l'espérance des Cieux... J'aime celui qui m'aime.
Commentaires (3)
Jules Verne est un magicien -------------------------------- Jules, tu vas dans les airs Aussi vite que l'éclair Et des notes tu rassembles ; Tu y vas dès le matin, Te dissimulant au sein D'un gros nuage qui tremble. Tu y vas au point du jour, Écrivant des mots d'amour Aux dames à qui tu penses ; Tu laisses parler ton coeur Et tu dessines des fleurs Pour enseigner l'espérance. Puis, tu t'endors doucement, Sans même un tressaillement ; Tu retournes en toi-même. Ainsi donc, fermant les yeux Dans ton refuge des cieux, Tu vos ceux que ton coeur aime.
"Tu vois ceux que ton coeur aime".
traduit en russe Люблю я… Люблю я звонких птиц, пытателей высот, Их песни и любовь, их резвых стай полет, Что молнии быстрее! Люблю цветы полей, что поутру сорвал, Что на груди моей, когда иду на бал, Трепещут робко, млея! Люблю я танца вихрь, веселье, торжества, Желанья нежные, которые едва Душе моей известны! Люблю я ангела, что мне в защиту дан И за руку ведет, для исцеленья ран Бальзам подав чудесный! Люблю я ивушку, что на исходе дня, Главу нагретую задумчиво клоня, Приют дарит укромный! Люблю я Божью длань, велящую сердцам С улыбкою припасть к возлюбленным цветам – К надежде вероломной! Люблю оркестры я, что стонут как в надрыв, Вливая в душу мне таинственный мотив Гармоний дух щемящих! Люблю я слушать, как на языке своем Глаголят небеса, наполнив твердь огнем Лучей животворящих! Люблю я брег морской, откуда в синеву Направлю острый взор и к Богу воззову, Задумавшись о вечном! Люблю я созерцать, витая в облаках, Как прячется душа в лазоревых волнах В мечтании беспечном. Люблю я тайный жар в сердечной глубине И мысли сладкие - живут они во мне, Лаская и волнуя! Но лучше певчих птиц, растений и древес Надежда чистая на благодать Небес... Саму Любовь люблю я!
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