Poème
Hymne au Soleil
par Petrus BOREL
À André Borel. — Pauvre bougre ! Jules JANIN Là dans ce sentier creux, promenoir solitaire De mon clandestin mal, Je viens tout souffreteux, et je me couche à terre Comme un brute animal. Je viens couver ma faim, la tête sur la pierre, Appeler le sommeil, Pour étancher un peu ma brûlante paupière ; Je viens user mon écot de soleil ! Là-bas dans la cité, l’avarice sordide Des chefs sur tout champart : Au mouton-peuple on vend le soleil et le vide ; J’ai payé, j’ai ma part ! Mais sur tous, tous égaux devant toi, soleil juste, Tu verses tes rayons, Qui ne sont pas plus doux au front d’un sire auguste, Qu’au sale front d’une gueuse en haillons.
Commentaires (3)
Le soleil réconforte un coeur que les souffrances Avaient fait basculer dans la désespérance.
Folie de Diogène ---------------------- Diogène est solitaire Et n’y voit aucun mal ; Il s’allonge par terre Ainsi qu’un animal, Son oreiller de pierre Lui donne un bon sommeil, Au fond de ses paupières Est un autre soleil. La ville est bien sordide Malgré son beau rempart ; Mais Diogène est splendide, Du monde il a sa part. Le philosophe juste A du miel en rayons ; Le citoyen auguste Est fier de ses haillons.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2014/11/29/folie-de-diogene/
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