Poème d’un membre
Houriah ma belle, ma tendre, Liberté !
par ATOSMembre
« À la pomme rouge qui bat avec l'étoile, à la flaque de la pluie, au regard de la bête blessée, à la route blanche, à l'oiseau sur la branche, à l'esprit qui jamais ne renonce, Là où tout finit et là où tout commence, à la fièvre du drap frais, à chaque bouchée de la vie, aux pas sur le plancher, à la terre battue, aux fenêtres que l'on pense aux rives imaginées, Rappelle toi, Houriah ma belle, ma tendre, Liberté aux bras levés, aux mille pétales, aux mille coupoles, aux îles silencieuses, à leurs rivages, aux ailes déployées, à la blessure du chien, à la course du loup, au vent qui nous emporte, aux baisers du soleil, aux feux des cheminées, aux convois que l'on pousse, à la charrette que l'on traîne, au vertige, à l'ivresse, à la cordée, à l'enchaîné, aux orties de la colère à cet homme qu'on emmène à cette femme déportée, aux ornières de la misère, à la première marche de l'escalier à la rue, aux pavés, à la première pierre jetée à la seringue plantée, à la dernière fleur dans un jardin de ruines aux plumes arrachées, à la femme sous la lampe à l'enfant qui se courbe à la clameur de l'aurore à celui qui tombe, à celle qui se dresse au premier qui se lève et à tous ceux qui vont naître Rappelle toi, Houriah ma belle, ma tendre, Liberté à la page d'écriture, à la belle Etoile, aux chemins écartés aux couleurs de chaque fruit au murmure, au silence au vin versé, au langage des signes, à la langue des possibles à l'écho des arcs en ciel aux cartables de chaque écolier au marcheur d'idéal à l'homme qui tremble à l'homme qui sait à l'homme qui demande à l'humilié, à l'oublié, à la chambre qui vague au bateau qui revient à l'avion qui se pose à la frontière qui tombe à la barrière qui se lève à la lueur de l'espoir à l'enfance qui regarde Rappelle toi, Houriah ma belle, ma tendre, Liberté aux automnes froissés à l'enjambée du ciel à chaque marche pied aux battements des images au déserteur, à l'évadée, à l'otage, à l'internée, aux cris d'Orphée, à cette chanson qui n'arrête pas de tourner à l'enfant Lyre à chaque livre confié aux dessins sur le murs à la porte qui s’entrouvre aux limites repoussées à chaque poème envolé à chaque question posée, au fusil déposé à la guitare et à ses mains à la grille forcée au journal imprimé, aux prisons de fer brisé à la parole donnée à la mémoire partagée, à la main qui s'ouvre et à celle qui se tend Rappelle toi, Houriah, ma belle, ma tendre, Liberté De mes mains, par cette ronde, je relie ici chacune des lettres qui éclaire notre nom. Rappelle toi, Houriah, petit d'homme notre belle, notre tendre Liberté C'est le mot que l'on te donne pour que tu vives dans sa peau. »
« On invente jamais seul. » écrit Anna Gréki. « La liberté se vit parmi les autres, s'écrit au nom de tous , et se partage entre nous. » Je remercie Les Editions Doucet pour l'envoi de ce recueil essentiel « Vive la Liberté » qui nous permet de la chanter chacun à notre tour. ( Isbn 9782362290756) Pour leurs fraternels écrits, merci à Bruno Doucey, Pierre Kobel, Victor Jara, Paul Eluard, Aimé Césaire, Victor Hugo, Paul Claudel, Pablo Neruda, Paul Verlaine, Jean Wahl, Pierre Seghers, Madeleine Riffaud, Nazim Hikmet, Albertine Sarrazin, Jean Joubert, Garous Abdolmalekian, Jean Cocteau, Emmelie Prophète, Nelson Mandela, Gilbert Gratiant, Jean Malrieu, Yannis Ritsos, Anna Gréki, André Migdal, Marina Tsvetaïeva, Boris Vian, Mah Chong-gi, Khaled Miloudi, Ignazio Silone, Olympe de Gouges, Jean Jaures, Brigitte Fontaine, Antoine de Saint-Exupéry, Jean de La Fontaine, Forough Farrokhzad, Langston Hughes, Jean Sénac, André Laude, Serge Pey, Michel Ménaché, Maram al-Masri, Robert Desnos, René Char, Jean Ferrat, Matoub Lounès, Jean Paul Sartre, Louise Michel, Guillevic, Jacques Prévert, Georges Moustaki, Breyten Breytenbach, Ernest Pépin, Béatrice Douvre, Anna Akhmatova, Gandhi, Christian Bobin, Claude Roy, Arthur Rimbaud, Gérard Le Gouic, Blaise Cendrars, Hélène Cadou, René Guy Cadou, Andrée Chedid, Martha Medeiros, James Noël, Jeanne Benameur, René Depestre
Commentaires (1)
Magnifique poème sur la liberté dans cet élan de fraternité que porte et souffle la poésie Merci Astrid Merci infiniment
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