Poème
Gravité
par René CHAR
L 'Emmuré. S'il respire il pense à l'encoche Dans la tendre chaux confidente Où ses mains du soir étendent ton corps. Le laurier l'épuise, La privation le consolide. O toi, la monotone absente, La fileuse de salpêtre, Derrière des épaisseurs fixes Une échelle sans âge déploie ton voile ! Tu vas nue, constellée d'échardes, Secrète, tiède et disponible, Attachée au sol indolent, Mais l'intime de l'homme abrupt dans sa prison. A te mordre les jours grandissent, Plus arides, plus imprenables que les nuages qui se déchirent au fond des os. J'ai pesé de tout mon désir Sur ta beauté matinale Pour qu'elle éclate et se sauve. L'ont suivie l'alcool sans rois mages, Le battement de ton triangle, La main-d'oeuvre de tes yeux Et le gravier debout sur l'algue. Un parfum d'insolation Protège ce qui va éclore.
Commentaires (2)
Un soleil qui resplendit Sans qu'on sache de quel point.
Voir http://phbrax.wixsite.com/gravite
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