Poème
Galatée
par Jean LORRAIN
Le front ceint de fucus et de corail amer, Parmi la floraison des glauques madrépores, Galatée apparaît sous les voûtes sonores De la grotte, qu'emplit le rire de la Mer. Des coquilles de nacre et des algues charnues Se meuvent lentement autour d'elle, et l'azur De ses grands yeux contemple au fond de l'antre obscur Des coins d'ombre hantés de frêles formes nues : Divinités du gouffre, Ames ou fleurs de chair Autour de Galatée écloses, foule amie Veillant et sur la Perle et la Nymphe endormie, Tandis qu'entre les rocs glisse et luit, morne éclair De convoitise en rut, la prunelle ennemie Du Cyclope, batteur et ciseleur de fer.
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Polyphème et la llicorne -------------- Le cyclope a rêvé qu’il prenait son plaisir Avec une licorne en de charmants parages ; Lui, qui si rarement assouvit son désir, Vit son âme s’emplir d’un amoureux courage. Ayant, le lendemain, quelque temps de loisir, En quête de licorne il parcourut l’ombrage ; Mais par les deux ou trois qu’il a voulu choisir, Son discours enflammé fut pris comme un outrage. Tout seul vers sa caverne il dut s’en retourner ; De la noble Aphrodite il fut abandonné, C’était là son destin, mais comment s’y résoudre ? En vain Bacchus tenta d’effacer ce souci ; Qui peut soigner un arbre abattu par la foudre ? Ce monde nous dépasse, et nos amours aussi.
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