Poème
Fleur
par Paul CELAN
La pierre. La pierre dans l'air, celle que je suivais. Ton œil, aussi aveugle que la pierre. Nous étions des mains, nous vidions les ténèbres, nous trouvions le mot, qui remontait l'été : Fleur. Fleur - un mot d'aveugle Ton œil et mon œil: ils s'inquiètent de l'eau. Veille silencieuse, pan de cœur par pan de cœur cela s'enfeuille. Un mot encore, comme celui-là, et les marteaux s'élancent dans l'espace libre. Tant d'étoiles, que l'on nous tend. J'étais, quand je te vis - quand ? - dehors parmi les autres mondes. O ces chemins, galactiques, O cette heure, qui nous compléta des nuits sur le fardeau de nos noms. Il n'est, je le sais, pas vrai, que nous ayons vécu, il passa aveugle un souffle entre Là-bas et Pas-là et le Parfois, un œil siffla comme une comète allant vers l'éteint, dans les ravins, là, où cela se consume sans éclat, se tenait le temps, en majesté et déjà vers le haut, vers le bas, poussait sur lui ce qui fut ou ce qui sera -, je sais, je sais et tu sais, nous savions, nous ne savions pas, mais nous étions pourtant là et pas là-bas, et de temps en temps, quand seul le Rien se tenait entre nous, alors nous étions totalement l'un et l'autre En haut, les voyageurs demeurent inaudibles
Commentaires (1)
Pierre levée ---------- Noble est du menhir la stature, Ce sont des experts qui l’ont fait ; Le cosmos en est satisfait, C’est un bloc de belle facture. Majestueuse est sa posture, Cela produit de beaux effets ; Il reste en son lieu, c’est parfait, Sans jamais chercher l’aventure. Ce roc, sous l’orage qui gronde, Ne frémit pas le moins du monde ; Il croit au retour de l’azur. Un dieu nous donna cette terre ; Nous lui consacrons cette pierre, Ce témoin d’un miracle obscur.
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