Poème
Fille du vieux pasteur, qui d'une main agile
par André CHÉNIER
Fille du vieux pasteur, qui d'une main agile Le soir emplis de lait trente vases d'argile, Crains la génisse pourpre, au farouche regard, Qui marche toujours seule, et qui paît à l'écart. Libre, elle lutte et fuit intraitable et rebelle. Tu ne presseras point sa féconde mamelle, A moins qu'avec adresse un de ses pieds lié Sous un cuir souple et lent ne demeure plié.
Commentaires (2)
Poète, qui t'a dit que j'étais si fragile ? Tu penses que mes doigts sont faits de fine argile ? Avoir peur d'une vache, avoue que c'est ringard. Et devrais-je, aussi bien, lui montrer des égards ? « Madame la génisse, offrez votre mamelle À votre humble servante, innocente pucelle... » Je veux bien avoir peur du taureau, du bélier Ou du bouc, ou de toi, l'habile parolier.
[...] tu nous instruis en chantant sur ta lyre La vigoureuse lutte entre bouc et satyre ; Mais tu ne nous décris les choses qu’à moitié. Car ces deux compagnons peuvent [...]
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