Poème
Fierté
par Armand SILVESTRE
La vie est implacable et lâche Et n’est clémente qu’aux méchants ; Car elle meurtrit sans relâche Les coeurs vers le devoir penchants C’est la marâtre qui torture ; C’est la courtisane qui ment, Et tout, dans la grande nature, N’est qu’ironie et que tourment. Gloire à ceux qui, bravant le doute, Et, d’eux-mêmes bornant leurs pas, Ont ouvert à leur propre route Les portes d’ombre du trépas. Puisque l’effroi nous prend de suivre Ces grands morts, d’eux-mêmes vainqueurs, Et que l’amertume de vivre Tente invinciblement nos coeurs, Ah ! du moins, sans plainte à la bouche Et sans importuner les cieux, Suivons, vêtus d’orgueil farouche, Notre chemin silencieux. Et, sans plier sous le mystère Que les siècles ont obscurci, Sachons descendre sous la terre Sans avoir demandé merci !
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