Poème
Fairy
par Arthur RIMBAUD
Pour Hélène se conjurèrent les sèves ornamentales dans les ombres vierges et les clartés impassibles dans le silence astral. L’ardeur de l’été fut confiée à des oiseaux muets et l’indolence requise à une barque de deuils sans prix par des anses d’amours morts et de parfums affaissés. — Après le moment de l’air des bûcheronnes à la rumeur du torrent sous la ruine des bois, de la sonnerie des bestiaux à l’écho des vals, et des cris des steppes. — Pour l’enfance d’Hélène frissonnèrent les fourrures et les ombres, — et le sein des pauvres, et les légendes du ciel. Et ses yeux et sa danse supérieurs encore aux éclats précieux, aux influences froides, au plaisir du décor et de l’heure uniques.
Commentaires (1)
Rimbaud dit cette prose, amoureux d'une Hélène Qui fait monter en lui la sève de printemps ; Elle est répétée par la rumeur du torrent Sous la ruine des bois, comme une cantilène. Or, l'ombre a frissonné pour cette amour humaine ; Ainsi qu'une légende au fond du ciel si grand. Rimbaud s'est égaré dans cet éclat dansant, Au plaisir du décor qu'abreuve une fontaine.
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