Poème
Et j'ai revu l'enfant unique : il m'a semblé
par Paul VERLAINE
Et j'ai revu l'enfant unique : il m'a semblé Que s'ouvrait dans mon coeur- la dernière blessure, Celle dont la douleur plus exquise m'assure D'une mort désirable en un jour consolé. La bonne flèche aiguë et sa fraîcheur qui dure ! En ces instants choisis elles ont éveillé Les rêves un peu lourds du scrupule ennuyé, Et tout mon sang chrétien chanta la Chanson pure. J'entends encor, je vois encor ! Loi du devoir Si douce ! Enfin, je sais ce qu'est entendre et voir J'entends, je vois toujours ! Voix des bonnes pensées Innocence, avenir ! Sage et silencieux, Que je vais vous aimer, vous un instant pressées, Belles petites mains qui fermerez nos yeux !
Commentaires (2)
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2019/08/01/fils-dhorus/
Quadruple bière évangélique ---------------- Mathieu, Marc, Luc et Jean, au troquet rassemblés, Confrontent ce matin leurs pages d’écriture ; À leurs yeux, ce n’est pas de la littérature, Mais la célébration de la vigne et du blé. Ici, la bière est faite avec de l’eau très pure, Les clients de passage en sont émerveillés ; Puis elle ne nous fait nullement sommeiller, Les prophètes jadis en burent tant qu’ils purent. Bien suivre leur exemple est pour nous un devoir, Car la boisson fait l’homme, autant que le savoir ; Gambrinus est aussi le dieu de la Pensée. On peut devenir sobre une fois qu’on est vieux, Quand toute l’énergie se trouve dépensée ; Alors il sera temps de boire dans les Cieux !
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