Poème
Epitaphe pour lui-même
par Charles GUÉRIN
Il fut le très subtil musicien des vents Qui se plaignent en de nocturnes symphonies ; Il nota le murmure des herbes jaunies Entre les pavés gris des cours d'anciens couvents. Il trouva sur la viole des dévots servants Pour ses maîtresses des tendresses infinies ; Il égrena les ineffables litanies Ou s'alanguissent tous les amoureux fervents. Un soir, la chair brisée aux voluptés divines, Il détourna du ciel son front fleuri d'épines, Et se coucha, les pieds meurtris et le coeur las. Ô toi, qui, dégoûté du rire et de la lutte Odieuse, vibras aux sanglots de sa flûte, Poète, ralentis le pas : cy dort Heirclas.
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L'univers du cochon ---------------------- Le cochon parcourait le ciel d'or en rêvant, Écoutant des bestiaux la fraîche symphonie, Admirant le centaure à crinière jaunie Qui de futurs exploits s'en allait poursuivant. D'une lyre archaïque, il était le servant, Y faisant retentir des rimes infinies ; Cet ensemble formait la sage litanie Qui donnait sa substance au délire fervent. Pour qu'un jardin produise une rose divine, Il faut un jardinier sans crainte des épines ; Il faut un jardinier qui ne soit jamais las. Le cochon qui vieillit renonce à toute lutte, Il aime simplement le son d'un air de flûte Venant accompagner la chanson que voilà.
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