Poème
Épitaphe
Quand je serai mort mes amis, couchez-moi sous Joal-l'Ombreuse Sur la colline au bord du Mamanguerly, près de l'oreille du sanctuaire des serpents Mais entre le Lion couchez-moi et l'aïeule Téning-Ndyaré. Quand je serai mort mes amis, couchez-moi sous Joal-la-Portugaise. des pierres du Fort vous ferez ma tombe, et les canons garderont le silence Deux Lauriers roses -blanc et rose embaumeront la Signare. Quand j'aurai perdu les narines et soif de tendresse vivante, telle une boisson de prédilection Versez mes amis sur ma tombe, le lait de vos prières le vin de vos chants frais. là-haut chanteront les alizés sur les ailes des palmes. Ah! ce chant qu'il bruisse toujours le chant marin la nuit, soyeux sur les ailes des palmes La rumeur doucement dans ma poitrine qui me tient éveillé, je dors et ne dors pas Et je bois le lait le vin de la nuit qui ruisselle sur les palmes. Et Marône la Poétesse ira rythmant "Ci-gît Senghor, fils de Dyogoye-le-lion et de Ngilane-la-Douce. Si fort il aima le pays sévère -les paysans, les pasteurs, les pêcheurs Les athlètes plus beaux que filaos et les voix contraltos des vierges - Qu'à la fin son coeur se rompit." Quand je serai mort ma Signare, couche moi sous Joal-l'Ombreuse A l'ombre des Ancêtres
Commentaires (1)
Au seuil de l'éternité Senghor chante l’âme profonde de l’Afrique ancestrale où les morts veillent sur les vivants ; la mort est un retour sacré vers les aïeux ; il veut s’endormir au cœur de sa terre natale bercé par la mémoire des anciens et l’amour immortel du peuple sérère
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