Poème
Épigraphe pour un livre condamné
Lecteur paisible et bucolique, Sobre et naïf homme de bien, Jette ce livre saturnien, Orgiaque et mélancolique. Si tu n'as fait ta rhétorique Chez Satan, le rusé doyen, Jette ! tu n'y comprendrais rien, Ou tu me croirais hystérique. Mais si, sans se laisser charmer, Ton oeil sait plonger dans les gouffres, Lis-moi, pour apprendre à m'aimer ; Ame curieuse qui souffres Et vas cherchant ton paradis, Plains-moi !... sinon, je te maudis !
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Université Paris Saclay ------------------------------- Que les jours sont bucoliques Sur ce campus essonnien ! Quelques mathématiciens Font du calcul symbolique Et du travail théorique, Pendant qu’un digne doyen Administre, l’air de rien, Les finances pléthoriques. Mille doctorants, charmés De bâtir des théorèmes, Oublient de boire et d’aimer ; Ce n’est pas un vrai problème : En post-doc ils partiront, Et là, se rattraperont.
Barbatusromulus et Remusbarbatus ------------------------------------------- Vieillards aux moeurs bucoliques, « Rom » et « Rem » s'entendent bien ; Ils ne sont point patriciens, Pas non plus mélancoliques ! Sous les chapiteaux doriques, Aucun des deux n'est doyen ; Comme ils ne manquent de rien, Ces frangins sont euphoriques. Les citoyens sont charmés D'avoir ces deux chefs placides ; Ils les ont toujours aimés. Loin des luttes fratricides, Dans le calme ils vieilliront ; Les dieux les couronneront.
Le livre du moine -------------- Au fond d’un décor bucolique, C’est un vieux moine, il ne fait rien ; Un petit livre est son seul bien, Rempli de mots mélancoliques. Ici, nul texte satirique, Mais la rime, comme elle vient ; Les mots entre eux tissent des liens, Souvent de nature onirique. Ainsi qu’un soldat désarmé, Cet anachorète est timide ; Je vois ses grands yeux se fermer. Les matins de ce cloître humide Bien longtemps se répèteront ; Des rides naîtront sur ce front.
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