Poème
Épigramme de Salmace
par Pontus de TYARD
A peine avait seize ans, de la belle Vénus Et du Cyllénien la jeune et chère race, Quand, au temps que Phébus son plus long chemin trace, Dans un fleuve il voulut baigner ses membres nus. Mes souhaits, dit Salmace, ore sont advenus. Ce disant, elle court, entre en l'eau et l'embrasse, La peur saisit le coeur, et la honte la face D'Hermaphrodit, qui n'a les feux d'Amour connu. Plus la Nymphe l'étreint, plus d'échapper il tâche, Dea, dit-elle, fâcheux, donc ma beauté te fâche. Si faut-il qu'à jamais ton corps au mien s'assemble. Soit ainsi, dit Vénus, mais aussi vrai sera Que quiconque en ton fleuve, ô Salmace, entrera, Aura, comme vous deux, les deux sexes ensemble.
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Mythologie barbare -------------------------- Dans le jardin de Pan, le gentil dieu cornu, Ce grand parc fleurissant de Gaule jusqu'en Thrace, Danse le chèvre-pied, ne laissant nulle trace, Et rit en dévorant un noble fruit charnu. Mille cours d'eau bien fraîche, il peut s'y baigner nu, Celui qui ne craint pas qu'une ondine l'embrasse ; Elle n'a point rougi, le regardant en face, Son visage arborant un sourire ténu. Ondine et chèvre-pied, qui peut dire où ils sont ? Le promeneur en vain contemple les buissons Car plus rien d'enchanté n'y danse, ce me semble. Mais peut-être qu'un jour, le dieu Pan reviendra, La fête en ces grands bois de nouveau se tiendra, Ondine et chèvre-pied s'amuseront ensemble.
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